En mai 2018, le président Trump annonçait la sortie unilatérale de son pays de l’accord signé à Vienne en 2015 avec cinq autres États – France, Royaume-Uni, Allemagne, Russie et Chine – et l’Iran par lequel la République islamique s’engageait à limiter son programme nucléaire en échange de la levée des sanctions économiques. Le Golfe arabo persique, un des principaux ravitailleurs du système énergétique mondial, sert en même temps de gigantesque base militaire flottante de l’armée américaine, qui s’y ravitaille à profusion, &agrav e; domicile, à des prix défiants toute concurrence, auprès de ses protégés pétromonarchies. Un enchaînement de crises. Le 8 mai, l’Iran annonçait ainsi la reprise progressive de son programme d’enrichissement de l’uranium et brandissait, dans la foulée, la menace de fermer le détroit d’Ormuz si l’embargo américain sur son pétrole devait durer. Le canal de Suez est un cordon ombilical historique pétrolier et gazier entre l’Orient et l’Europe ; le canal a été doublé et ouvert à la navigation en 2015. 28 juillet. En dépit de cette géopolitique élargie, sinon distendue, il demeure que le Détroit d’Ormuz borde les eaux iraniennes, Téhéran conservant un accès privilégié à cet espace qui demeure un verrou potentiel aux ressources pétrolières les plus importantes du monde. Les Gardiens de la révolution arraisonnent un pétrolier battant pavillon britannique dans le détroit d’Ormuz. 4 juillet. Cependant, il convient aussi de noter que cet accroissement du trafic va de pair avec une augmentation des risques d’accidents et notamment de marées noires qui coûtent si chère au portefeuille des compagnies mais aussi à leur image de marque. Bien que contestée par certains, la véracité de cette anecdote importe peu ; depuis cette date, et en parallèle des évènements historiques de la guerre froide et de la constitution de l’OTAN, les États-Unis sont devenus les gardiens du transport d’une ressource qu’ils utilisent en abondance. La présence de nombreuses îles – dont celle d’Ormuz qui a donné son nom au détroit – et la faible profondeur des eaux territoriales iraniennes, les obligent à emprunter, à l’entrée comme à la sortie, deux chenaux très étroits – de deux milles nautiques (3,7 km) chaque, séparés par une zone tampon de même largeur –, mais suffisants pour permettre le passage de navires-citernes de plus de 300 000 tonnes. De plus, la taille des cargos n’a fait que s’accroître avec le temps, bénéficiant ainsi d’économies d’échelles de plus en plus conséquentes et réduisant d’autant les coûts de transport. Le détroit d'Ormuz, au débouché du Golfe persique, entre la péninsule arabique et l'Iran, c'est le passage obligé pour un tiers du commerce mondial de pétrole, mais c'est aussi le premier terrain de confrontation, quand les Atlas des 160 lieux stratégiques, Paris, Ellipses, 2018 Le détroit d’Ormuz est, depuis l’Antiquité, un haut lieu du commerce international. D’abord, les Américains vont se désengager du contrôle stratégique du détroit d’Ormuz, ça leur coûte cher et ils n’ont plus vraiment besoin d’y stationner deux ou trois porte-avions avec toute la flotte afférente, restrictions Les détroits internationaux ont également une importance géopolitique. Pour l’heure, l’Iran et les États-Unis continuent de jouer au chat et à la souris sur cette ligne de faille entre deux mondes. Le détroit d’Ormuz est la porte d’entrée vers le golfe Persique. Le détroit d'Ormuz, un passage maritime stratégique. Carte du détroit d’Ormuz. Le détroit d’Ormuz est l’unique voie de passage maritime entre le golfe Persique et l’océan Indien, c'est pourquoi ce passage sensible demeure sous haute surveillance.Au début, les Britanniques l’ont contrôlé jusqu'à l’année 1971, date à laquelle ils se sont retirés du golfe Persique. Ils y discutent alors les règles valables pour 60 ans qui garantissent à l’un un approvisionnement continu en pétrole et à l’autre une stabilité régionale doublée d’une sécurisation des convois d’or noir en route vers les Etats-Unis. Situé entre le golfe Persique et la mer d’Arabie, le détroit d’Ormuz est un site stratégique pour le transit du pétrole, transporté par porte-container. L’étroitesse du détroit (jusqu’à 34 miles marins au point le plus réduit), ainsi que le peu de profondeur des eaux territoriales iraniennes font que les bateaux circulent dans un couloir entre les îles omanaises de Quoin et Ras Dobbah, avant de transiter par un chenal entr… Un tir iranien détruit un drone américain. La répartition en 2014 se décompose comme suit : Ce développement sans précédent apporte sa part d’avantages mais aussi d’inconvénients. Deux pétroliers sont attaqués en mer d’Oman. Par Martin Laplane, diplômé de l’IFP School (École nationale supérieure du pétrole et des moteurs). Géopolitique : Toute l'actualité. Jeudi 13 juin, deux pétroliers ont été sabotés dans la mer d’Oman, au beau milieu du détroit d’Ormuz. Pages. Tournons-nous à présent vers la flotte des gaziers dans le monde : Cette tendance haussière n’est pas nouvelle et confirme tout l’intérêt que les pays portent depuis de nombreuses années à la ressource tant gazière que pétrolière pour son rôle stratégique dans le développement des économies. « À cela, Téhéran a d’abord réagi par une “politique de patience” qui a consisté à rester dans l’accord en espérant que les Européens développent leurs relations économiques avec l’Iran en dépit des sanctions américaines. « Chaque jour, près d’une centaine de pétroliers géants traverse ainsi ce couloir placé sous la double souveraineté d’Oman et de l’Iran mais où la libre circulation est, en théorie, garantie par une convention des Nations unies », précise le géographe Bernard Hourcade, directeur de recherches émérite au CNRS. La situation sécuritaire hautement instable de l’Irak à l’époque enterre le renouveau de ce projet qui, en 2017 fait à nouveau l’objet de discussions entre … Le nom du golfe Persique restera à jamais « Golfe Persique », et si certains croient pouvoir viser lidentité et la place du peuple iranien, ils se trompent énormément. Elle n’est  entrée  en vigueur qu’en 1994 (à ce jour, les États-Unis, avec d’autres pays telle que la Turquie ne l’ont pas ratifié). Notons au passage que l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) anticipe, dans son Oil Market Report, une demande future croissante au rythme de 1,5 millions de barils supplémentaires par jour. Dès lors, la stratégie de Téhéran se résume en une formule : “si l’on ne peut plus exporter notre pétrole, plus personne ne le pourra” », décrypte Vincent Eiffling. Le dernier épisode en date, l’arraisonnement le 19 juillet par la marine iranienne du « Stena Impero », un tanker suédois battant pavillon britannique, mobilise les chancelleries occidentales qui tentent, pour l’instant sans succès, de faire baisser la pression dans la région. Le détroit d’Ormuz est la porte d’entrée vers les pays du Golfe et leurs ressources en hydrocarbure. Enfin, ces passages sont de puissants leviers de négociations pour les États qui en font usage et qui peuvent dès lors bloquer tout ou partie de l’approvisionnement. Le détroit d’Ormuz, dont le contrôle est partagé entre l’Iran et Oman, n’est pas qu’une zone de trafic. En raison de son positionnement stratégique, le détroit se trouve impliqué dans plusieurs conflits. Enregistrer mon nom, mon e-mail et mon site web dans le navigateur pour mon prochain commentaire. Essayons à présent de caractériser succinctement la situation de chacun de ces détroits ainsi que le rôle qu’ils jouent dans le transport de matière première : De fait, l’Energy Information Administration (EIA), l’entité américaine en charge de la publication des statistiques relatives à l’énergie, estimait ainsi, en 2015, que 58,9 % de la production mondiale de pétrole passait par ces détroits (cap de Bonne Espérance, détroits du Danemark, d’Ormuz et de Bab el-Mandab compris.). Mais ce phénomène de piraterie n’est ni nouveau ni localisé dans cette partie de l’Afrique. Ce détroit hante les adeptes de la géopolitique — fiction en mal de scénarii tragiques : dans le premier volume de Blake et Mortimer il est déjà question du détroit d’Ormuz et d’une arme absolue mais on ne parle pas de pétrole. Washington annonce avoir détruit un drone iranien. Ensuite, les États-Unis ont pris le relai en plaçant une base en Iran. L’invention au milieu des années 50 du conteneur, un moyen de transport standardisé et permettant d’acheminer une cargaison importante, a dopé ce trafic. Les détroits de Malacca et de Singapour, points de passage très fréquentés entre Pacifique et océan Indien, sont devenus cruciaux pour les écono-mies du Japon, de la Chine et de l’ASEAN, pays très dépendants des mouvements de pétrole et du commerce maritime pour leur développement économique. Article connexe : Crise navale américano-iranienne de 2008 . L’augmentation du trafic a aussi apporté avec lui son lot d’actes malveillants, un sommet ayant été atteint avec les actes de pirateries perpétrés entre 2000 et 2010 dans le détroit de Bab El-Mandab non loin de la Somalie et la capture en 2008 du Sirius Star, pétrolier d’une capacité de deux millions de barils. Quatre navires sont victimes de « sabotage » dans les eaux émiriennes. Plus particulièrement, cinq détroits apparaissent aujourd’hui comme clés pour l’énergie et le transport de matières premières : les détroits d’Ormuz et de Malacca ainsi que les canaux de Panama et de Suez (on omet le détroit du Bosphore obéissant à la convention de Montreux établissant le libre passage des navires marchands dans le détroit ainsi que dans celui des Dardanelles). LA RÉALITÉ VIRTUELLE (VR) FAIT SON ENTRÉE AUX URGENCES, COMMENT LES HISTOIRES PEUVENT AIDER LE CHANGEMENT SOCIAL, « LES GNOUS ET LES ÉLÉPHANTS » UNE FABLE DU MANAGEMENT, PAR XAVIER DUPONT, INSTITUT SAPIENS : 7 PROPOSITIONS POUR SAUVER NOS ENTREPRISES, DÉMONDIALISATION ? La géographie de notre planète est ainsi faite qu’il existe des zones côtières, naturelles ou non, qui sont plus stratégiques que d’autres. 22 juillet. Qui est Mohammed Allawi, le nouveau premier ministre irakien ? ↑ Le détroit d'Ormuz est le point de passage du pétrole le plus. Ces appâts financiers appellent nécessairement à la sécurisation des voies maritimes pour empêcher que ne se produise une seconde fois ce qui arriva dans la corne de l’Afrique il y a une dizaine d’années. Atlas des 160 lieux stratégiques du monde », Ellipses. Or, les exportations d’or noir représentent 80 % des exportations du pays et près de 50 % de son budget. À Jérusalem, une commémoration de la Shoah sur fond de dossier iranien, Les États-Unis reconnaissent onze blessés après les représailles de l’Iran, Iran, l’incontournable et contesté Ali Khamenei, © 2020 - Bayard Presse - Tous droits réservés - @la-croix.com est un site de la Croix Network, Entre le pape et la Curie, une relation particulière, Emmanuel Macron positif au Covid-19 : télétravail obligatoire pour l’exécutif, L’œil du Kremlin au cœur du gouvernement américain, Nicolas Sarkozy, un ancien président face à ses juges, Canicule : le rafraîchissement arrive enfin par le nord-ouest, Cynthia Fleury : « Ne pas soutenir le soin, c’est ruiner la solidarité », Courances, un « jardin d’eau » sans cesse réinventé, Venezuela : succès mitigé pour Juan Guaido face à Nicolas Maduro, Venezuela : la riposte de Juan Guaido au gouvernement, Les membres du Parti communiste chinois ne sont plus les bienvenus aux États-Unis, Royaume-Uni : Boris Johnson à la tête d’une équipe plus consensuelle, La Berlinale reportée, menace sur les festivals en 2021, « Cash investigation » sur France 2, sous-traitance dérangeante dans les services publics, En image, le quotidien oublié des familles face à la maladie mentale, Les médias rendent hommage à Valéry Giscard d’Estaing, À Rome, la messe de la nuit de Noël aura lieu à 19 h 30, Le Nigeria sanctionné par les États-Unis pour entraves à la liberté religieuse, Pour l’Église, l’accueil des migrants est un impératif moral, À Valence, des salariés du Diaconat protestant dénoncent des « pressions managériales », INFOGRAPHIE - Crise États-Unis et Iran : l’escalade des tensions en 12 dates clés. Le détroit d’Ormuz, le verrou géopolitique de toutes les peurs mercredi 2 mars 2011, par Alain NONJON Alors que le Moyen-Orient traverse une période instable et que les prix des hydrocarbures s’envolent, il est utile de se pencher sur le détroit d’Ormuz. Mais le blocus imposé depuis des mois par Washington a provoqué un effondrement économique du pays conduisant le régime à passer à une phase plus offensive », poursuit Thierry Coville. Le détroit d’Ormuz, zone sous hautes tensions Enquête Depuis mai, cet étroit corridor maritime est l’un des points chauds de la planète. Chacun d’eux a sa spécificité et appelle une discussion sur les enjeux géopolitiques présents et futurs de l’énergie. Au risque de se retrouver tous deux pris au piège de ce goulet, sans possibilité d’en sortir. Nous nous intéressons ce matin à l’un des points chauds de la géopolitique mondiale : le “détroit d’Ormuz”. « Le renchérissement du prix de l’énergie que cela provoquerait ne serait pas une bonne nouvelle alors que l’économie mondiale tourne déjà au ralenti », prévient Seltem Iyigün. Malgré cela les Iraniens menacent de fermer le détroit d’Ormuz si leur programme nucléaire est attaqué. « Ceci s’explique par la place stratégique centrale qu’il occupe parmi les grandes autoroutes maritimes du pétrole », souligne Vincent Eiffling, chercheur au centre d’étude des crises et des conflits internationaux (CECRI), rattaché à l’Université catholique de Louvain (Belgique).